Personne ne revient de ses rêves le même qu'avant cette tempête. Car, oui, c'est une tempête, une tempête de bonheur sur le moment, mais le retour à la vraie vie, la fin de l'utopie, c'est plutôt un ouragan... Détruites, les belles amitiés d'avant, les vraies, les seules qui au fond comptaient réellement, détruits les gens qu'on aime, détruits les simples plaisirs de l'époque où tous ces rêves étaient bien loin, détruite la personne qu'on était et que l'on voudrait redevenir, détruite et enfouie à tout jamais, peut-être même disparue du plus profond de notre âme... Alors c'est à ce moment-là que le cerlce vicieux recommence. On a perdu son rêve, on veut le reconquérir, en heurtant à chaque fois un peu plus de faux ennemis.
J'ai des rêves. J'en ai à la pelle, je me noierais bien dedans... Mais par dessus tout il y en a un seul ; il a le prénom d'une jeune fille, un prénom si tendre presqu'aussi doux que sa peau chaude au réveil. Il a le parfum d'un macaron au chocolat mangé dans un café Alsacien un jour de pluie, il a le goût un peu amer des séparations sur un quai de gare. Il peut paraître futil, minable, insignifiant, et pourtant il est chèr à mes yeux comme jamais rien ne l'a été. Il est sans doute petit à côté de la grandeur de ceux des autres, mais dans mon coeur il prend une place inégalable.
J'ai un rêve. Il a le prénom d'une jeune fille... Et peut importe les larmes des autres tant qu'elles ne sont pas dans ses yeux.

